jeudi 31 août 2017

Peut-on parler de la rentrée scolaire quand on n’a pas d’enfant ?

Demain, 1er septembre, c’est la rentrée des classes. Et s’il y a un sujet sur lequel je n’ai absolument rien à dire, c’est bien celui de l’enseignement. La dernière fois que j’ai mis les pieds dans une école, c’était il y a plusieurs décennies et j’ai tout fait depuis lors pour ne plus jamais y être confronté, notamment en évitant soigneusement de me reproduire. Maintenant devrais-je pour autant me taire sur le sujet ? Tous ceux qui n’ont pas d’enfant le savent, c’est impossible d’en parler « parce que toi, tu n’en as pas et tu ne sais pas ce que c’est ». C’est très différent de la cocaïne ou de la prison où on peut avoir un avis sans pour autant jamais y avoir goûté. Et effectivement, si je devais parler de l’école aujourd’hui, je ne pourrais me baser que sur mon expérience personnelle, datant d’il y a trente ans. Je me souviens des bâtiments en mauvais état, des cartables lourds à porter, des classes bruyantes, des toilettes sales, des professeurs souffrant d’une dépression à laquelle nous avions largement contribué, des représentants syndicaux qui donnaient cours « par passion vu leur maigre salaire », des recours qui permettaient aux élèves en échec de réussir quand même, simplement parce qu’ils avaient des parents qui connaissaient bien la législation ou fréquentaient les mêmes barbecues que le directeur ; et puis surtout, je me souviens de cette odeur insoutenable parmi le brouhaha de la salle de gym, faite de T-shirts blancs réutilisés plusieurs fois, de shorts bleu foncé un peu humides et de vieux plinths poussiéreux. Mais c’était il y a trente ans et j’imagine que depuis lors, tout a bien changé.