lundi 21 août 2017

Mon modèle en littérature? Nabilla

En tant qu'écrivain, on vous demande parfois quels sont vos modèles en littérature. J'ai toujours trouvé cette question embarrassante, voire étrange. En général, je réponds qu'on ne demande pas à son boucher où il va chercher sa viande ou, dans une formule plus brève mais sans doute moins raffinée: "Les prostituées ne vont jamais aux putes". Mais comme la question revenait systématiquement, j'ai finalement tenté d'y trouver une réponse, qui m'est apparue comme une évidence. Mon modèle en littérature, c'est Nabilla, sans hésiter. Cela vaut sans doute un mot d'explication. C'est simple: Nabilla est pour moi la seule qui a vraiment compris le marché de la littérature au 21ème siècle. Elle a réussi l'exploit ultime, le rêve absolu pour tout écrivain en herbe: Nabilla vend un livre que personne ne lit et qu'elle n'a elle-même pas écrit. Et ça marche! C'est elle qui a rassemblé le plus de monde lors du dernier Salon du Livre de Paris et j'ai moi-même pu constater, devant chez Filigranes à Bruxelles, la file interminable qui attendait sous la pluie pour la rencontrer. En ce qui concerne le fond, son livre intitulé "Trop vite" place Nabilla dans la catégorie des génies. Dans un monde où on ne lit plus que les titres, "Trop vite" sonne comme une critique de notre société en burn out, une invitation à repenser notre mode de vie, un traité de philosophie qui tient en deux mots. Sans le savoir, Nabilla lance un message subliminal qui la dépasse et que nous ne comprendrons que dans le futur. N'oublions jamais qu'il y a quinze ans, Jean-Claude Van Damme avait été la risée de tous lorsqu'il déclara que la "principale cause du chômage, c'était le travail et que si on supprimait le travail, il n'y aurait plus de chômage". Une idée qui semblait ridicule mais que de nombreux politiques et sociologues du monde entier essayent aujourd'hui de faire comprendre, en défendant le principe de l'allocation universelle: un revenu de base inconditionnel qui permettrait, notamment, aux écrivains de se remettre à écrire.