jeudi 31 août 2017

La politique belge peut-elle rendre fou ?

C’est la question qu’on se pose après la récente crisette du côté francophone et que nous n’aborderons pas en détail ici, étant donné que vous vous en tamponnez plus que probablement le coquillard, expression désuète qui revient à la mode et signifie en gros que vous n’en avez rien à battre. Pourtant, une étude récente de l’Université du Massachaussettes place la Belgique dans le top du classement des pays où la probabilité de devenir fou en politique est la plus élevée. La multiplication des gouvernements, des ministres et des niveaux de pouvoir, doublée de notre spécificité communautaire, est très largement responsable de cette bonne prestation. La Belgique est, par exemple, le seul pays où les représentants de chaque région affirment que « ça va bien dans leur région » tout en contestant que cela puisse aller bien à l’échelon national qui, territorialement, n’est que la somme des trois régions. C’est aussi un pays où l’on peut être à la fois dans l’opposition et dans la majorité pour une même population, ce qui amène parfois à des situations cocasses où certains élus finissent par critiquer leurs propres décisions en ayant oublié que c’était eux qui les avaient prises. Enfin, dans les cas les plus extrêmes, des ministres oublient carrément qu’ils le sont ou ignorent l’étendue exacte de leur compétence, ce qui est principalement due à la tenue d’interviews radio de plus en plus matinales et à l’âge moyen du personnel politique. Mais ces dernières années, le phénomène s’étend à la presse. Le risque de démence touche également les journalistes qui l’ont été trop longtemps. A force de n’observer que des formations et des chutes de gouvernements, certains ont fini par croire que le journalisme politique consistait à savoir qui gouverne avec qui et non pas ce qu’ils sont en train de faire.